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Marc Bloch : l’Histoire au service de la liberté

Fondateur de la revue des Annales d’histoire économique et sociale, l’historien Marc Bloch sera panthéonisé le 26 juin prochain. L’auteur de « L’étrange défaite » a été fusillé par la Gestapo en 1944.

16 juin 1944, prison de Montluc, à Lyon. Arrêté puis emprisonné quelques semaines plus tôt, Marc Bloch est torturé puis fusillé par la Gestapo avec 29 de ses camarades. Le 23 juin 2026, l’Historien et Résistant juif sera panthéonisé, rejoignant ainsi Jean Moulin, René Cassin ou bien encore Germaine Tillon. Issu d’une famille juive d’Alsace, Marc Bloch grandit dans un milieu acquis aux valeurs de la jeune IIIe République. Après avoir suivi de brillantes études à Paris au lycée Louis-le-Grand, il intègre l’École normale supérieure de la rue d’Ulm en 1904 avant d’être reçu à l’agrégation d’histoire-géographie en 1908.

Fondateur en 1929, avec Lucien Febvre, de la revue des Annales d’histoire économique et sociale, son impact sur l’historiographie et l’enseignement de l’histoire en France fut majeur.  La revue, qui existe toujours aujourd’hui sous le nom Annales. Histoire, Sciences Sociales, jouit d’un grand prestige et renouvela en profondeur le champ de la recherche historique en l’étendant à la sociologie, la géographie, la psychologie et l’économie. Soldat de la grande guerre – il sera décoré de la Légion d’honneur et de la croix de guerre pour ces actions de bravoure – Marc Bloch fut à nouveau mobilisé en 1939. Il critiquera alors la débâcle de 1940 dans son essai, L’étrange défaite, écrit la même année, où il exprime son incompréhension des décisions de l’état-major français.  

« Je meurs comme j’ai vécu, en bon Français »

 

Observateur lucide, Marc Bloch est aussi un historien et un citoyen engagé. Pour lui, les sciences sociales et leurs représentants ont un rôle à jouer dans la cité. Au printemps 1944, il fait le choix de la Résistance en s’engageant dans le mouvement des Francs-Tireurs. Il met alors ses compétences intellectuelles au service du Comité général d’Études chargé de réfléchir aux réformes qui suivront la Libération (en particulier aux questions liées à l’enseignement), puis devient un des trois dirigeants des Mouvements unis de Résistance dans la région Rhône-Alpes. Il écrira des pamphlets, et aidera dans la coordination des groupes de résistance, avant d’être arrêté le 8 mars 1944. Son testament contient une véritable déclaration d’amour à la France sa patrie : « Je l’ai beaucoup aimée et servie de toutes mes forces ; […] je meurs comme j’ai vécu, en bon Français ». Marc Bloch n’avait foi qu’en une seule idée, la République. 

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