Paradoxe
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La rédac'

Paris se souvient, Fluctuat nec mergitur

Dix ans après le vendredi 13 novembre 2015, les rues de Paris sont parsemées d’affiches sur lesquelles est inscrite la devise de la ville : Fluctuat nec mergitur, il est vaincu par les flots, mais ne sombre pas. Un hommage aux 131 morts et aux centaines de blessés.

Les commémorations à Paris

 

Le soir où la France a vacillé

Dans la soirée du 13 novembre 2015, trois commandos islamistes sèment la terreur dans les rues de Paris. À Saint-Denis d’abord, où trois hommes se font exploser aux abords du Stade de France, où se dispute un match entre la France et l’Allemagne. Puis dans les rues des Xe et XIe arrondissements de la capitale, où le deuxième commando mitraille les terrasses de plusieurs cafés et restaurants. 

Enfin le dernier commando pénètre, vers 21h40, dans le Bataclan, en plein concert du groupe Eagles of Death Metal. Le bilan de cette nuit : 131 morts et 413 blessés. Un journaliste américain écrit alors : « Ils ont frappé la jeunesse et la mixité. Ils ont visé des quartiers où les gens sont plus enclins à être tolérants, ouverts et progressistes. Et ils ont frappé le plus grand monument érigé à la réussite pluraliste et multiethnique du pays. » 

Le choc est mondial. La France, meurtrie, mais debout, entame alors un long chemin de deuil, de justice et de reconstruction.

Affiche commémorant les attentats à Paris

Une commémoration pour se souvenir, comprendre et transmettre

Dix ans plus tard, la journée de commémoration du 13 novembre 2025 a été pensée comme un moment fort, destiné non seulement à rendre hommage, mais à permettre à la Nation de se situer dans un processus de mémoire durable. Il ne s’agit pas seulement de rappeler les faits ou de soutenir les familles : cette journée vise aussi à montrer la résilience de la France face au terrorisme et à transmettre un héritage mémoriel aux générations futures, pour empêcher que l’histoire ne s’efface ou ne se répète.

Le Président de la République a ainsi décoré plusieurs policiers, militaires et secouristes ayant agi courageusement en 2015. Il s’est ensuite rendu tour à tour sur chacun des lieux frappés par les attentats : le Stade de France, la rue du Faubourg-du-Temple, la rue Alibert, la rue de Charonne et enfin le Bataclan. À chaque étape, il a observé un moment de silence entouré des familles, des associations de victimes, mais aussi de responsables politiques venus témoigner de l’unité de la Nation.

En fin d’après-midi, le chef de l’État a inauguré le Jardin du 13 novembre 2015, un nouvel espace spécialement dédié au recueillement. Cet endroit a pour vocation de devenir un lieu de passage, de mémoire et de transmission, où l’on peut se souvenir sans forcément rester figé dans la douleur. C’est là que le groupe Le Chœur du 13 s’est produit, composé de 45 rescapés des attentats, offrant un concert profondément émouvant qui a résonné comme un acte de résilience collective.

La journée s’est conclue sur une image forte : l’illumination de la Tour Eiffel aux couleurs du drapeau français, une première depuis dix ans. Le monument, silencieux mais éclatant, s’est transformé en hommage lumineux, rappelant que même dans les heures les plus sombres, la lumière finit par reprendre sa place.

La tour Eiffel aux couleurs du drapeau Français. France Télévision

Se souvenir pour mieux tenir l’avenir

Dix ans après les attaques, le souvenir reste vif. Mais ce que la France retient surtout, c’est sa capacité à se relever. Le 13 novembre n’est pas seulement une date. C’est un avertissement, un devoir et une promesse – celle de ne jamais céder à la peur, de défendre les valeurs démocratiques, et de bâtir une mémoire commune qui aide à mieux affronter l’avenir.

Alice de Mieulle